Hier, j’ai pris une photo de mon bébé dans le tiroir d’un meuble.
Ce n’était pas la première fois que je faisais des photos « indignes », mais je commençais à avoir de plus en plus de réactions négatives, de la part de la génération précédente. J’ai donc décidé de contre-attaquer.
Ce qu’il faut savoir c’est que tous les parents ont, un jour ou l’autre, fait des choses non conventionnelles avec leurs enfants. Que ce soit des photos, des sorties ou des évènements de la vie de tous les jours. Cela va de la personne qui a pris des photos de son gosse dans le four, en passant par celui qui l’amène manger au fast food tous les weekends, jusqu’à celui qui le laisse dans la voiture pendant qu’il sort en boîte de nuit.
Et ce ne sont pas des cas isolés. Il y a même une surenchère de sites internet sur lesquels paraissent des vidéos ou des photos d’enfants dans des situations cocasses.
On y voit des vidéos gentilles, comme celle où le petit danse devant la télé à des plus lourdes comme celle où il fume carrément plusieurs cigarettes par jour. C’est désespérant.
Nous sommes tout de même plus tolérants avec nos gamins que ne l’étaient nos parents, et leur laissons plus de libertés. Après m’être pris plusieurs réflexions, j’ai décidé de lancer une discussion à ce propos au cours d’un dîner bien arrosé. (Faîtes-le de préférence avec du bon vin, l’alcool étant naturellement désinhibant, vous n’aurez pas trop de soucis à les faire boire parler.)
Et là, la magie opère, on vous raconte les histoires de quand vous étiez petit, mais dans des versions inédites. Vous apprenez qu’on vous a oublié à la crèche, qu’on vous a laissé jouer avec des couteaux, que vous rouliez habituellement sans ceinture et parfois dans le coffre et que vous avez pris votre première cuite à l’âge de 2 ans. Bref du lourd.
Pourquoi, me direz-vous dans ce cas, nous fait on tant de réflexions ? Il y a plusieurs raisons à cela. Forcément 20 ans après les faits il y a prescription, mais surtout il y a une question de perte de mémoire. Vous comprenez, les appareils photo et les caméscopes numériques n’existaient pas. Comparez le coût d’une photo maintenant et à l’époque, pareil pour un film. Du coup il n’y a aucune trace. Juste quelques photos de nous, dans la mode de l’époque souriant pour faire plaisir aux parents. Le crime parfait.
Méfiez-vous donc de ce qu’on vous dit, et sachez que la société dans laquelle nous évoluons maintenant n’a jamais été aussi sécuritaire. Il y a 30 ans, personne ne mettait de ceinture, la vitesse était limitée à 60 en ville, il n’y avait ni de permis à points ni de radars.
On laissait les enfants aller à l’école seuls même très jeunes. Les prêtres pouvaient encore approcher les jeunes enfants. Notre niveau de tolérance a baissé : on nous vend de la sécurité, des biberons sans bisphénol A, des jouets en plastique non cancérigène ou des petits pots aux légumes sans morceaux de verre à l’intérieur, on veut légiférer pour interdire la fessée.
Mais là encore, le politiquement correct n’est pas aussi simple, cela dépend des pays. Ma femme a de la famille qui vit aux États Unis, et du coup, on en profite régulièrement pour échanger des anecdotes sur notre mode de vie. Vous seriez scandalisés en apprenant les us et coutumes de ce magnifique pays concernant les enfants. La grande mode en ce moment aux USA est de tenir ses enfants en laisse lorsque l’on sort se promener, faire ses courses…Vous n’aurez aucune difficulté à trouver des sites diffusant des photos et essayant de vous vendre des modèles de laisses plus ou moins « jolies ». Pour moi c’est tout simplement scandaleux. Mais voilà, cela dépend du point de vue, là-bas c’est normal. Comme on trouve maintenant que nos parents étaient fou de rouler sans ceinture, alors qu’à l’époque c’était normal. Mais cette histoire de laisse est une des rares choses qui m’a réellement indigné, ce qui, pour un père indigne est quand même incroyable.
Mais après l’indignation, vient le temps du soulagement. Je me dis que quand même, nous sommes vraiment gentils avec nos enfants, et même si nos parents étaient pires, il y aura toujours pire qu’eux, mais alors vraiment pire qu’eux. Je me sens beaucoup mieux.
Et puis, je suis tombé sur ce site…